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Que prévoit l'article 6:75 du Code civil néerlandais ?

L'article 6:75 du Code civil néerlandais définit la force majeure. Une inexécution ne peut être imputée au débiteur si elle n'est pas due à sa faute et n'est pas à sa charge en vertu de la loi, du contrat ou des conceptions généralement admises. Ce n'est qu'alors que le débiteur est libéré de l'obligation de réparer le dommage au titre de l'article 6:74.

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Quel est le texte de l'article 6:75 ?

Traduction française (non officielle, par le Dutch Law Institute) :

Une inexécution ne peut être imputée au débiteur si elle n'est pas due à sa faute et n'est pas non plus à sa charge en vertu de la loi, d'un acte juridique ou des conceptions généralement admises.

Texte néerlandais (Burgerlijk Wetboek, livre 6, article 75) :

Een tekortkoming kan de schuldenaar niet worden toegerekend, indien zij niet is te wijten aan zijn schuld, noch krachtens wet, rechtshandeling of in het verkeer geldende opvattingen voor zijn rekening komt.

Texte néerlandais en vigueur depuis le 16 juillet 2026, tiré de wetten.overheid.nl, la source officielle de la législation néerlandaise. La traduction française n'est pas officielle ; en cas de doute, le texte néerlandais prévaut.

Que signifie l'article 6:75 ?

La loi néerlandaise n'emploie pas le terme de force majeure. Elle parle d'une inexécution qui ne peut être imputée au débiteur (niet toerekenbare tekortkoming). L'article 6:75 du Code civil néerlandais la définit de manière négative : l'inexécution est imputable si elle est due à la faute du débiteur, mais aussi si elle est à sa charge pour l'un des trois autres motifs. Ce n'est que si aucun des quatre motifs ne s'applique qu'il y a force majeure.

L'absence de faute ne suffit donc pas. Un débiteur qui n'aurait pas pu empêcher l'inexécution peut néanmoins en supporter le risque parce que la loi, le contrat ou les conceptions généralement admises le mettent à sa charge.

Quels sont les quatre motifs d'imputation de l'article 6:75 ?

  1. La faute (schuld) : le débiteur pouvait et devait agir autrement.
  2. La loi : les règles légales qui mettent un risque à la charge du débiteur, comme l'article 6:76 sur les personnes auxquelles le débiteur recourt pour exécuter et l'article 6:77 sur les choses inappropriées utilisées pour l'exécution.
  3. Un acte juridique : le plus souvent le contrat lui-même. Une garantie, une clause de force majeure ou une clause répartissant des risques déterminés décide qui les supporte.
  4. Les conceptions généralement admises (in het verkeer geldende opvattingen) : ce qui est considéré dans la société ou dans la profession comme un risque que le débiteur supporte normalement.

Le contrat étant l'un de ces motifs, les parties décident dans une large mesure elles-mêmes de ce qui constitue un cas de force majeure. Une clause de force majeure bien rédigée énumère les événements qui libèrent le débiteur et précise ce qui se passe ensuite, par exemple une suspension ou un droit de mettre fin au contrat après un certain délai.

Quelles sont les conséquences de la force majeure ?

La force majeure libère le débiteur de l'obligation de réparer le dommage au titre de l'article 6:74. Elle ne fait pas disparaître le contrat. L'autre partie peut toujours résoudre le contrat en vertu de l'article 6:265, car cette disposition s'applique à toute inexécution, imputable ou non, et elle peut suspendre sa propre exécution en vertu de l'article 6:262.

Deux autres règles en limitent l'effet. Selon l'article 6:78, le débiteur qui, en lien avec une inexécution non imputable, retire un avantage qu'il n'aurait pas eu en cas d'exécution régulière doit réparer le dommage du créancier à concurrence de cet avantage. Et selon l'article 6:84, une impossibilité survenue alors que le débiteur est déjà en demeure lui est imputée, à moins que le créancier n'eût de toute façon subi le dommage.

Comment l'article 6:75 est-il appliqué en pratique ?

Les litiges relatifs à la force majeure portent presque toujours sur la répartition des risques. Les questions sont les suivantes : l'événement était-il prévisible lors de la conclusion du contrat, le contrat a-t-il réparti ce risque, et l'événement est-il d'une nature que la profession considère comme relevant du risque d'entreprise du débiteur ? Les difficultés financières ou la défaillance d'un fournisseur sont des exemples classiques d'événements généralement considérés comme relevant du risque propre du débiteur.

La force majeure doit être distinguée des circonstances imprévues de l'article 6:258, qui permet au juge de modifier ou de résoudre un contrat lorsque des circonstances imprévues sont d'une nature telle que l'autre partie ne peut, selon les critères de la raisonnabilité et de l'équité, s'attendre au maintien du contrat inchangé. La force majeure concerne les conséquences d'une inexécution ; les circonstances imprévues concernent le contenu même du contrat.

  • Article 6:74 : la règle de base de la responsabilité pour inexécution.
  • Articles 6:76 et 6:77 : imputation légale pour les auxiliaires et les choses inappropriées.
  • Article 6:78 : réparation à concurrence d'un avantage retiré malgré la force majeure.
  • Article 6:84 : impossibilité survenue pendant la demeure.
  • Article 6:258 : circonstances imprévues.

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